[MEMOIRE] Esclavage et traite – Les marchés et ports d’esclaves – Bordeaux (France 🇫🇷 ) et la traite atlantique européenne

[MEMOIRE] Esclavage et traite – Les marchés et ports d’esclaves – Bordeaux (France 🇫🇷 ) et la traite atlantique européenne
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En France, Nantes est le port négrier le plus important avec 1 714 expéditions répertoriées. Il est suivi par Bordeaux, La Rochelle et Le Havre-Rouen qui ont organisé chacun entre 400 et 500 expéditions.

La Traite négrière bordelaise représente 480 expéditions recensées entre 1672 et 1837. A l’origine de la déportation de 120 000 à 150 000 Noirs, elle est pratiquée par près de 180 armateurs bordelais, dont seule une minorité a organisé plus d’une dizaine d’expéditions. Les maisons Gradis, Nairac, Couturier, Laffon de Ladebat sont les plus importantes.

Pour la Traite comme pour le commerce en droiture, plusieurs négociants se regroupaient pour prendre des parts sur la cargaison et partager ainsi les risques et les bénéfices. On peut considérer que plusieurs milliers de Bordelais ont participé directement ou indirectement à ce trafic d’êtres humains.

Ce commerce, s’intensifie en revanche à partir de 1740 : en trois ans, les Bordelais vont ainsi expédier autant de navires que pendant les 68 années précédentes. Cependant, Bordeaux se situe encore au 5e rang des ports négriers français en 1743.

Les négociants bordelais pratiquaient principalement le commerce en ligne directe avec les Antilles, appelé « commerce en droiture » (effectué par bateau en ligne directe entre l’Europe et ses colonies, sans passer par l’Afrique pour s’approvisionner en esclaves ; Il rapportait en Europe les denrées coloniales produites par les esclaves). Sur l’ensemble du siècle, le commerce en droiture représente plus de 95% du commerce colonial bordelais. Ce n’est donc pas tant la Traite des Noirs qui enrichit Bordeaux que le commerce de denrées coloniales produites par les esclaves. Bordeaux a donc plus vécu de l’esclavage que de la Traite des Noirs proprement dite, ce qui n’est pas plus moral.

Après la guerre d’indépendance américaine (1783), la Traite bordelaise connaît sa plus forte expansion allant jusqu’à représenter 12% du trafic colonial. Les négociants français sont désormais confrontés à la concurrence des Américains sur le marché des colonies. Pour autant, les besoins des îles en main-d’œuvre et les difficultés d’approvisionnement en esclaves sur les côtes occidentales de l’Afrique entraînent une forte augmentation du prix de vente des esclaves, ce qui va également inciter les négociants bordelais à intensifier la Traite des Noirs, désormais plus lucrative que le commerce traditionnel.

Pour en savoir +

[REMEMBRANCE] Slavery and the Slave Trade – Slave Markets and Ports – Bordeaux (France) and the European Atlantic Slave Trade

In France, Nantes was the most significant slave-trading port, with 1,714 documented expeditions. It was followed by Bordeaux, La Rochelle, and Le Havre-Rouen, each of which organized between 400 and 500 expeditions.

The Bordeaux slave trade accounts for 480 recorded expeditions between 1672 and 1837. It was responsible for the deportation of 120,000 to 150,000 Africans and involved nearly 180 Bordeaux shipowners, though only a minority organized more than ten expeditions each. The most prominent trading houses were Gradis, Nairac, Couturier, and Laffon de Ladebat.
As with the slave trade, merchants also collaborated in direct trade ventures, pooling investments in ship cargo to share both risks and profits. It is estimated that several thousand residents of Bordeaux were directly or indirectly involved in this human trafficking.

This trade intensified after 1740: within three years, Bordeaux shipowners dispatched as many slave ships as they had in the previous 68 years. However, in 1743, Bordeaux still ranked only fifth among French slave-trading ports.

Bordeaux merchants mainly practiced what was known as “commerce en droiture” or direct trade with the French Caribbean. This involved shipping goods directly between Europe and its colonies, without passing through Africa to acquire slaves. These ships returned to Europe with colonial goods such as sugar and coffee, produced by enslaved laborers. Over the course of the century, direct trade accounted for over 95% of Bordeaux’s colonial commerce.
Thus, Bordeaux profited more from slavery itself than from the transatlantic slave trade per se — which does not make it any less morally troubling.

After the American War of Independence (1783), Bordeaux’s slave trade saw its greatest expansion, accounting for up to 12% of French colonial traffic. French traders now faced competition from American merchants in colonial markets. At the same time, the growing labor demands of the islands and difficulties obtaining slaves on the West African coast led to a sharp rise in slave prices. This made the slave trade more profitable than traditional commerce, encouraging Bordeaux merchants to intensify their involvement.

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