[MEMOIRE – 10 MAI] – Reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité – La Marche des Libertés du 23 mai 1998
![[MEMOIRE – 10 MAI] – Reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité – La Marche des Libertés du 23 mai 1998](https://echosdafrique.net/wp-content/uploads/2026/05/ChatGPT-Image-May-10-2026-01_32_39-AM.png)
1998, année du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, marque un tournant majeur dans la mémoire française de la traite et de l’esclavage colonial. Cette commémoration permet de rendre plus visible, dans l’espace public et politique, une mémoire centrale sur les victimes de l’esclavage. En janvier 1998, un collectif regroupant 300 associations organise une « marche silencieuse » à Paris le 23 mai 1998. Tout en reconnaissant la légitimité de célébrer l’abolition et la figure de Schœlcher, le mouvement revendique aussi la mémoire des esclaves et assumer l’identité de « descendants d’esclaves ».
Le choix du 23 mai est symbolique : cette date correspond à la première application de l’abolition de 1848 en Martinique, et non à une date officielle métropolitaine. Elle permet ainsi aux descendants d’esclaves de faire entendre leur propre histoire.
La marche réunit entre 20 000 et 40 000 personnes à Paris. Les manifestants réclament la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité et la création d’un mémorial place des Antilles. Des slogans comme « nous sommes des filles et fils d’esclaves » illustrent cette revendication mémorielle.
À la suite de cette mobilisation, les organisateurs fondent en 1999 le « Comité marche 98 » (CM98), présidé par Serge Romana. Une avancée importante est obtenue avec la loi Taubira du 10 mai 2001, qui reconnaît l’esclavage comme crime contre l’humanité.


