📅19 septembre 1956 📍 Paris [MEMOIRE] Le 1er Congrès international des écrivains et artistes noirs (Paris, Sorbonne, 19-22 septembre 1956)
En pleine guerre froide et sur fond de colonisation et de ségrégation, se réunissent pour la première fois des intellectuels noirs de divers continents et de toutes obédiences politiques. Il s’agissait de réaliser l’inventaire commun des cultures noires et d’analyser « les responsabilités de la culture occidentale dans la colonisation et le racisme ».
Le congrès réuni les représentants de vingt-neuf pays africains et asiatiques et marqua l’entrée sur la scène internationale des pays dits « du Tiers-monde ». Il sera considéré comme le pendant culturel de la Conférence de Bandung (1955).
En 1955, une trentaine de pays asiatiques et africains ont acquis leur indĂ©pendance, dans un contexte de guerre froide opposant le camp soviĂ©tique au bloc occidental. Conscients de leur force, ces pays nouvellement indĂ©pendants dĂ©cident alors de tout mettre en Ĺ“uvre pour aider les autres colonies Ă acquĂ©rir elles aussi leur indĂ©pendance. L’Asie a Ă©tĂ© le premier continent Ă voir se multiplier de nouveaux États ayant accĂ©dĂ© Ă leur souverainetĂ© aux dĂ©pens des puissances coloniales occidentales. La confĂ©rence a eu lieu Ă Bandung, en IndonĂ©sie, du 18 au 24 avril.
« Depuis quelques jours on s’est beaucoup interrogé sur le sens de ce congrès. On s’est demandé en particulier quel est le commun dénominateur d’une assemblée qui unit des hommes aussi divers que des Africains de l’Afrique noire et des Américains du Nord, des Antillais et des Malgaches. La réponse me paraît évidente : ce commun dénominateur, c’est la situation coloniale. » Aimé Césaire
« Vous luttez contre la ségrégation, pour l’égalité. Nous aussi. Vous êtes citoyens américains. Nous sommes citoyens français » Léopold Sédar Senghor
Tous les congressistes s’accordèrent pour déclarer :
« Nous estimons que l’épanouissement de la culture est conditionné par la fin de ces hontes du XXe siècle : le colonialisme, l’exploitation des peuples faibles, le racisme.
Nous avons examiné nos cultures elles-mêmes et en fonction des conditions sociales et générales qui les affectent : le racisme et le colonialisme.
Nous, écrivains et artistes noirs, proclamons notre fraternité envers tous les autres hommes et attendons d’eux qu’ils manifestent envers nos peuples la même fraternité.
Notre congrès invite tous les intellectuels noirs à unir leurs efforts pour que devienne effectif le respect des droits de l’homme quelle que soit sa couleur, des peuples et des nations quels qu’ils soient. »
À la veille des indépendances, les intellectuels proposaient ainsi de participer aux changements culturels et politiques à venir.
Y ont participĂ© AimĂ© CĂ©saire, Frantz Fanon, Richard Wright, Amadou HampâtĂ© Bâ, James Baldwin, JosĂ©phine Baker, Jean-Paul Sartre, Pablo Picasso, Claude LĂ©vi-Strauss et d’autres personnalitĂ©s, ainsi que de nombreux Ă©tudiants noirs parisiens.
Sources :
Premier congrès des écrivains et artistes noirs organisé
Le 1er Congrès international des écrivains et artistes noirs (Paris, Sorbonne, 19-22 septembre 1956) : replay
Référence électronique : Sarah Frioux-Salgas, « Le 1er Congrès international des écrivains et artistes noirs (Paris, Sorbonne, 19-22 septembre 1956) : replay », Hommes & migrations [En ligne], 1332 | 2021, mis en ligne le 01 janvier 2024, consulté le 27 janvier 2025. http://journals.openedition.org/hommesmigrations/12279 https://doi.org/10.4000/hommesmigrations.12279

