Lyon (France) – Jeudi 10 novembre 2011 – Née en France, Saly Diarrassouba appartient à ces Français d’origine afro qui revendiquent pleinement leur place dans la société française. Son baccalauréat ES en poche, elle est logiquement intéressée par l’économie. C’est à l’université Lyon 2 qu’elle effectue ses études en économie et gestion mais assez rapidement, elle change de voie pour s’orienter vers la finance qui offre plus de « débouchés » et est plus « intéressante ». Elle intègre une école de commerce en 3e année où elle prépare un master 2 finances axé sur la gestion de patrimoine.

Selon Saly Diarrassouba, l’origine importe peu quand on fait des études supérieures, du moins elle ne l’a pas vécue ainsi. L’expérience universitaire n’a pas été très bien vécue car le grand nombre d’étudiants a été un handicap. C’est ce qui explique, selon elle, le fort taux d’échec à l’université. « Pour faire la fac, il faut avoir un vrai projet professionnel qui permet de définir son parcours avec des stages par exemple pour l’expérience ». « A ce sujet, les grandes écoles ont réellement un plus ».

Une fois le diplôme obtenu, il faut se confronter au marché de l’emploi et là le chemin est semé d’embûches. « Le marché du travail offre très peu d’annonces tandis que les demandes sont énormes ». C’est pour cette raison qu’il est très important d’avoir un réseau qui doit être activé lorsqu’on est en recherche d’emploi. « Toute personne rencontrée peu être utile, il est nécessaire de valoriser toutes les rencontres ».

Dans la vie active, aujourd’hui, Saly Diarrassouba est dans la finance. « Contrairement à ce qu’on pense, ce secteur fait appel aux qualités humaines car il faut aller à la rencontre des gens ». Il faut être très attentif à son environnement, maîtriser les informations sur les produits proposés, sur l’évolution des marchés. « Ce n’est pas un métier facile mais il est passionnant car il y a en permanence des challenges et la résistances aux échecs que l’on rencontre est primordiale ».

Dans son métier, il est important « de proposer au client une solution sur mesure après avoir pris en compte ses objectifs en fonction de sa situation et de son patrimoine ».

A long terme, lorsqu’elle aura l’expérience, Saly Diarrassouba envisage d’ouvrir son cabinet de gestion de patrimoine, ainsi « elle se mettra elle-même la pression pour se motiver et atteindre ses objectifs ! ». Les difficultés rencontrées seront évidement l’absence d’un très bon réseau, de partenaires fiables et une clientèle de qualité mais c’est un excellent challenge.

Quant à la question de la place des Afros dans la République française, elle doit être posée. Comme beaucoup de personnes de sa génération, elle est assez séduite par le modèle anglo-saxon tant britannique qu’américain. Dans son entourage, ils sont nombreux à avoir quitté la France pour l’Angleterre car les opportunités y sont plus nombreuses. En France, « on est hypocrite par rapport aux origines, je préfère les Etats-Unis où cette question est traitée avec par exemple la discrimination positive ou les statistiques de la diversité ».

Saly Diarrassouba assume totalement ses origines et éprouve une réelle passion pour son métier, un exemple pour celles et ceux qui se posent de nombreuses questions.

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