[JUSTICE] 🇸🇳 ⚖️ Le consulat gĂ©nĂ©ral du SĂ©nĂ©gal Ă Lyon dĂ©finitivement condamnĂ© par la cour d’appel dans l’affaire SourakhĂ© Ndiaye
Nous avons reçu un communiquĂ© de presse de la part du ComitĂ© de soutien de SourahĂ© NDIAYE sur l’affaire de licenciement abusif jugĂ© aux prudhommes. Nous vous le livrons intĂ©gralement :
« La cour d’appel de Lyon a confirmĂ© le 8 septembre 2017 la condamnation du consulat gĂ©nĂ©ral du SĂ©nĂ©gal Ă Lyon pour rupture abusive du contrat de travail de SourakhĂ© NDIAYE.
Dans le combat que Sourakhé NDIAYE a engagé depuis 2013 contre le consulat général du Sénégal à Lyon, accompagné par un comité de soutien, l’affaire portée devant le conseil des Prud’hommes a finalement trouvé son épilogue le 8 septembre 2017 avec une confirmation de la condamnation du consulat général du Sénégal à Lyon.
L’affaire avait sĂ©rieusement secouĂ© et divisĂ© la communautĂ© sĂ©nĂ©galaise Ă Lyon et dans la rĂ©gion Auvergne-RhĂ´ne-Alpes et mĂŞme au-delĂ . Pendant les quatre annĂ©es qu’a durĂ©e la procĂ©dure, le consulat du SĂ©nĂ©gal a Ă©tĂ© condamnĂ© en première instance par le tribunal des prud’hommes, et en appel. En dernière instance, l’autoritĂ© judiciaire constate que le jugement dĂ©fĂ©rĂ© est dĂ©sormais assorti de l’autoritĂ© de la chose jugĂ©e en l’absence de recours valable formĂ© en son encontre. En clair la cour d’appel confirme la dĂ©cision du 26 fĂ©vrier 2016 condamnant lourdement le consulat gĂ©nĂ©ral du SĂ©nĂ©gal Ă Lyon, sous l’autoritĂ© de Monsieur Alioune DIOP qui s’est entĂŞtĂ© Ă rompre un contrat en bonne et due forme, malgrĂ© les avis contraires du Ministère des affaires Ă©trangères sous l’autoritĂ© de Mankeur NDIAYE et du Ministère de la promotion de la bonne gouvernance et des relations avec les institutions dirigĂ©e Ă l’époque par Abdou Latif COULIBALY.
Abus de position : atteinte aux droits d’un salarié
Pour rappel, quelques semaines après son arrivée à Lyon, les relations entre le nouveau consul Alioune DIOP et la communauté sénégalaise de la région démarrent de la manière la plus catastrophique qu’il soit. En cause la rupture expéditive, abuse et pour « convenance personnelle » du contrat de travail de l’agent consulaire Sourakhé NDIAYE qui dans son combat bénéficie du soutien absolu et sans faille de plusieurs associations sénégalaises et des militants des droit de l’homme. L’affaire est alors portée devant les Prudhommes.
Toutes les autoritĂ©s sĂ©nĂ©galaises ont Ă©tĂ© saisies directement par SourakhĂ© Ndiaye, par son avocat, par le collectif de soutien constituĂ© et par les syndicats : de la PrĂ©sidence de la RĂ©publique, au cabinet du Premier Ministre, en passant par le Ministre des affaires Ă©trangères, l’Ambassade du SĂ©nĂ©gal en France, l’AssemblĂ©e Nationale, des DĂ©putĂ©s du peuple, les organismes sĂ©nĂ©galais des droits de l’Homme… MalgrĂ© cela, le bureau de conciliation du Tribunal Ă Lyon n’a pu faire entendre raison au consul gĂ©nĂ©ral Alioune DIOP, qui naĂŻvement pensait pouvoir abuser de la protection de l’immunitĂ© diplomatique et de l’immunitĂ© d’exĂ©cution que lui offre la Convention de Vienne.
Au bout du compte, toutes les ordonnances rendues par le tribunal reconnaissent qu’en agissant ainsi, le consulat général du Sénégal à Lyon a gravement porté atteinte aux droits d’un salarié abusant de sa position pour imposer son diktat et humilier par des procédés vexatoires un salarié bénéficiant d’un contrat de travail local régit par le code du travail Français.
Réparation du préjudice subi supportée par le contribuable sénégalais
La cour d’Appel de Lyon, condamnant le consulat gĂ©nĂ©ral du SĂ©nĂ©gal Ă Lyon, reconnait par la mĂŞme occasion que le licenciement n’était pas fondĂ© et a donnĂ©, une nouvelle fois, raison Ă Monsieur SourakhĂ© Ndiaye. Elle condamne le consulat gĂ©nĂ©ral du SĂ©nĂ©gal Ă Lyon Ă indemniser Monsieur SourakhĂ© Ndiaye au titre de la rupture abusive du Contrat Ă durĂ©e dĂ©terminĂ©, au titre des dommages et intĂ©rĂŞts, au titre des congĂ©s payĂ©s, au titre de l’indemnitĂ© de fin de contrat, et au titre des dispositions des articles 31 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Au total, plus de 125.000 € (82.000.000 FCFA) vont être consacrés à la réparation du préjudice subi, somme qui devra être supportée par le contribuable sénégalais du seul fait des pratiques du consul Alioune DIOP qui sont en porte à faux avec le discours sur la rupture, la sobriété et la gouvernance vertueuse.
Il n’est pas exclu l’intervention d’huissier de justice pour contraindre le consulat général à exécuter la condamnation. Il faut rappeler qu’il a fallu, en mars 2014, une astreinte de 100 € par jour pour que le consulat général du Sénégal à Lyon daigne verser à Monsieur Sourakhé NDIAYE, à titre de provision, le rappel de salaires et les congés payés afférents et remettre les bulletins de salaire, une attestation pôle emploi ainsi qu’un certificat de travail.
Il est déplorable que le représentant de l’état du Sénégal ait aussi longtemps persisté dans le déni du droit, estimant que l’immunité que peut lui octroyer sa fonction puisse lui permettre d’enfreindre impunément la loi du pays d’accueil, méconnaissant ainsi les règles et les procédures en usage dans les relations entre Etats souverains.
Les membres du collectif tiennent à remercier toutes les organisations de la société civile ainsi que tous les compatriotes qui n’ont jamais ménagé leurs efforts pour rétablir définitivement Sourakhé Ndiaye dans ses droits.
A Lyon ce 29 septembre 2017
Le collectif de soutien.«Â

