Lyon (France) – Mercredi 31 août 2011 – S’il est un garçon qui monte de plus en plus dans le milieu du showbiz afro à Lyon, c’est bien Eric Bercy. La trentaine bien accomplie, Eric est originaire de la RDC (République Démocratique du Congo). Arrivée en France en 2000, c’est tout naturellement qu’il débarque à Paris pour des études à l’université de Paris XII Créteil. Malheureusement sa situation administrative ne lui permet pas de poursuivre mais ce qu’il retient de Paris, c’est l’ambiance qui y est explosive tant du côté de Château Rouge que vers Brochant. Les propos qu’il tient à ce sujet sont très évocateur : « A Paris, on est trop tenté par la distraction, on est vite pris dans l’engrenage et il faut un moral d’acier pour pouvoir résister« .

Non pas qu’il ne pouvait « résister » mais Eric Bercy préfère rejoindre l’Est de la France à savoir l’Alsace où pendant plus de deux ans et demi, il gagnera son pain en travaillant chez Peugeot où il précise « que les gens comprennent que je n’étais pas ingénieur, c’est important car en France rien n’est facile, il faut se battre, il faut que les jeunes en particulier le sachent« . La stabilité sociale, quelque peu acquise, Eric Bercy réalise qu’à Mulhouse où il réside, il n’y a pratiquement pas de soirées afro. Souvent, il est invité dans les soirées congolaises comme une guest star car sa popularité rehaussent celles-ci. Autour de lui ses amis insistent pour qu’Eric se lance dans le milieu mais il ne sent pas prêt.

En 2006, il débarque à Lyon. Le motif de son déplacement est tant affectif que professionnel. Il tombe amoureux de cette ville et décide de s’y installer. C’est grâce à un compatriote congolais Alain Mulaba (leader du groupe Lissanga) qu’il approche le milieu du spectacle congolais à Lyon. Il devient ainsi chorégraphe, danseur, musicien et chanteur.

Très attiré par la presse people, apprécié pour son élocution facile et sur les conseils de stars tels que Bouro Mpela et Sam Tshintu qui l’encouragent, Eric Bercy se décide à se lancer dans le bain.

Les interviews vidéo d’artistes et de personnalités sont une rampe de lancement mais comme souvent, il n’est pas suivi par les siens car comme dit l’adage « nul n’est prophète chez soi ». Ne se décourageant pas, il poursuit son effort et élargit la diffusion de ses productions sur la toile : facebook, youtube, skyrock blog, plusieurs sites congolais et naturellement il lance son concept « Mupépé ya sika » qui signifie « Nouvelle vague« . Son émission est visible sur son blog http://Mupépéyasika.skyrock.com/.

Parallèlement, Eric Bercy poursuit son chemin en se faisant un petit nom dans le monde du spectacle. C’est indirectement la politique qui le pousse à faire davantage pour sa communauté d’origine lorsqu’il constate que « la musique congolaise est sous embargo en France« . En effet, les divergences politiques en RDC atterrissent en France et nombre de musiciens comme Werrasson ou Fally Ipupa sont interdits de concerts par les « combattants » qui leur reprochent leurs sympathies à l’égard du pouvoir en place.

Pour ne pas laisser la situation dégénérer, Eric Bercy décide de se lancer dans l’organisation de spectacle avec des soirées dansantes qu’il intitule « TP Mazembé » en hommage à l’équipe de football de RDC vice championne du monde des clubs.

Mais comme dans toute entreprise, il faut s’accrocher pour réussir et Eric Bercy ne lâche rien. Constatant que les Congolais ne sont pas ses plus fervents soutiens, il s’ouvre aux autres communautés qui lui répondent favorablement. Très lucide sur le créneau qu’il occupe il reconnaît « on est trop divisés, le principe du donnant-donnant n’est pas partagé, les gens sont prêts à recevoir mais pas à donner ! » et il poursuit en disant « je demande au public de faire des efforts notamment en étant à l’heure car en arrivant tard, il ne profite pas de la soirée ; il faut que nos frères s’habituent à payer à l’entrée car pour nous les organisateurs pour équilibrer, les entrées sont autant nécessaires que les consommations« .

Malgré cela, Eric Bercy est confiant et remercie particulièrement ces Lyonnais qui continuent à lui accorder leur crédit car grâce à eux tant l’émission « Mupépé ya sika » que le concept « TP Mazembé » sont numéro 1 à Lyon. Il n’oublie pas non plus son public suisse qui a été le premier à lui offrir le succès.
« Le travail commence à payer ! » puisque pour sa dernière soirée les mélomanes sont aussi venus de loin Paris, Genève, Bruxelles…
Son souhait pour l’avenir serait de voir Lyon devenir une place forte du showbiz à l’instar de Paris en organisant de grands spectacles dans de grandes salles.

Plus personnellement, il a l’ambition de pouvoir, un jour, installer son émission « Mupépé ya sika » sur une chaîne du câble pour « sortir du ghetto !« .

En lui demandant d’où venait son pseudonyme « Bercy », il a simplement dit que c’était un clin d’œil au passage de la star Werrasson au Palais Omnisport du même nom à Paris en 2000. A quand Eric « Gerland » alors ?

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