[POINT DE VUE] « Orpaillages Clandestins en Côte d’Ivoire. Ma Proposition pour endiguer le phénomène » par Marcel AKA

[POINT DE VUE] « Orpaillages Clandestins en Côte d’Ivoire. Ma Proposition pour endiguer le phénomène » par Marcel AKA

Nous constatons depuis bientôt deux semaines, la médiatisation de ce désastre environnemental en Côte d’Ivoire. Il faut admettre que l’incompétence de l’administration dans son entièreté est avérée dans les faits. Elle qui a facilité la prolifération de l’installation des fossoyeurs de notre belle Côte d’Ivoire, pays de paix et de dialogue, vitrine de l’Afrique Occidentale , considéré jadis comme le pays qui servait de trait d’union entre l’Europe et l’Afrique puisqu’il était facile d’y partir facilement pour l’Europe toute entière , pays qui a accueilli dans la paix , le dialogue et la tolérance tous les ressortissants des autres nations . Le déploiement des forces de l’ordre sur les sites repérés ne résoudra pas l’épineuse difficulté que rencontre l’Etat. Il est regrettable que ces forces de l’ordre ne soient pas déployées sur les champs de bataille les plus vulnérables , tels, le contrôle de nos frontières poreuses où la pénétration et l’attaque de la mouvance Djiadiste sont réelles.

La répression armée ne parviendra pas également à faire arrêter ce fléau dévastateur des forêts et des biens agricoles de nos parents , tant que les fruits de leur labeur ne reflète pas la réalité dans leur quotidien et dans leurs assiettes . Le déploiement de nos forces de l’ordre vide les caisses de l’Etat puisque ce sont des milliers de francs qui sortent de notre budget de fonctionnement , celui de l’Etat bien entendu.

Il est révélé que c’est 4.600 milliards de francs cfa par an et 142 tonnes d’or que perd la Côte d’Ivoire par an. A ceux-ci, s’ajoutent d’autres vicissitudes des orpailleurs qui en majorité sont des mineurs , ceux-là même qui souhaitent endurer la souffrance pour devenir millionnaire en moins de temps de l’exercice du dur métier d’orpailleur.

Que faire ?

Je crois que le moment de réfléchir à une autre manière de faire est possible.
Arrêter complètement de détruire le matériel des orpailleurs clandestins achetés à des millions de francs pour permettre à la chaine des vendeurs de ces matériaux d’exister.
Ces fournisseurs continueront d’alimenter les caisses de l’Etat également.
Répertorier tous les orpailleurs clandestins et vérifier les autorisations que détiendraient certains d’entre eux pour démanteler les vraies des fausses autorisations.

Exiger de ces clandestins que le personnel à employer ait au minimum 25 ans d’âge.
Exiger la déclaration de ce personnel auprès de la CNPS
Se mettre en conformité avec la loi et l’exercice de leur métier d’orpailleur en société individuelle. Accepter que l’Etat soit le seul à leur acheter l’or donc vente directe à l’Etat sans intermédiaire. A l’Etat d’être au quotidien auprès de ces orpailleurs à travers des comptoirs d’achat et de réglementations , sanitaire , environnemental …

Tant que ces mesures intermédiaires à améliorer puisqu’elles ne sont que personnelles ne seront pas mises en pratique, l’orpaillage clandestin continuera de financer les réseaux extérieurs à notre déstabilisation. Il n’est pas encore tard , nous y parviendrons.

Marcel AKA

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Un commentaire sur “[POINT DE VUE] « Orpaillages Clandestins en Côte d’Ivoire. Ma Proposition pour endiguer le phénomène » par Marcel AKA

  1. Le point de vue de Marcel AKA a le mérite de dépasser la seule indignation pour avancer des pistes concrètes : formalisation des orpailleurs, encadrement de l’âge, déclaration à la CNPS et vente exclusive de l’or à l’État. La démarche est utile et mérite d’être discutée sérieusement.
    Mais une politique publique ne se juge pas seulement à la pertinence de ses mesures. Elle se mesure surtout à la capacité de l’État à les appliquer réellement, durablement et équitablement sur le terrain. C’est précisément sur ce point que le débat reste incomplet.
    Le véritable enjeu : la capacité d’exécution
    Le texte de Marcel AKA met en cause les insuffisances de l’administration dans le contrôle de l’orpaillage clandestin. Pourtant, il lui confie simultanément de nouvelles responsabilités : créer et gérer des comptoirs d’achat, assurer un contrôle sanitaire régulier, surveiller les impacts environnementaux et organiser l’encadrement des exploitants.
    Or, on ne corrige pas une faiblesse de contrôle par l’ajout de nouvelles missions à une administration qui ne dispose pas encore des moyens humains, logistiques, budgétaires et territoriaux nécessaires.
    Le problème ne réside donc pas uniquement dans le choix entre répression et formalisation. Il concerne d’abord la capacité opérationnelle de l’État à faire respecter l’un ou l’autre de ces modèles. Sans données fiables, sans présence effective sur les sites, sans mécanisme de traçabilité, sans paiement rapide et sans contrôle indépendant, toute formalisation risque d’être contournée, comme l’est aujourd’hui la répression.
    Des chiffres à vérifier avant d’en faire le socle d’une réforme
    Les chiffres évoqués — [4\,600] milliards de FCFA de pertes annuelles et [142] tonnes d’or sorties illicitement du pays — sont considérables. S’ils sont confirmés, ils constituent un argument économique majeur : le manque à gagner dépasserait largement le coût d’un dispositif crédible de formalisation et de contrôle.
    Mais précisément parce qu’ils sont déterminants, ces chiffres doivent être documentés, sourcés et, idéalement, soumis à un audit indépendant. Une politique publique ne peut pas reposer durablement sur des estimations non vérifiées. À la première contestation, c’est toute la réforme qui se trouverait fragilisée.
    Ce qui manque : une méthode de mise en œuvre
    Les propositions avancées sont pertinentes dans leur principe. Ce qui fait défaut, c’est moins une liste supplémentaire de mesures qu’une véritable ingénierie de l’exécution.
    La première étape devrait être la cartographie des sites, des exploitants, des autorisations existantes et des circuits de commercialisation. Il est difficile d’imposer des obligations sociales, sanitaires ou administratives à des acteurs dont l’État ne maîtrise ni le nombre, ni la localisation, ni le statut réel.
    Ensuite, l’État devrait construire une capacité d’achat crédible avant d’exiger une vente exclusive de l’or. Cela suppose des comptoirs accessibles, des instruments de pesée certifiés, des prix transparents et compétitifs, ainsi qu’un paiement sécurisé et rapide. À défaut, l’exclusivité légale ne fera que renforcer l’attractivité des réseaux informels.
    Enfin, la question sécuritaire doit être traitée de manière spécifique. Les soupçons de financement de réseaux criminels, la circulation transfrontalière de l’or et la présence éventuelle d’acteurs déstabilisateurs justifient une réponse de renseignement, de contrôle frontalier et de lutte contre les filières organisées. Cette dimension doit être coordonnée avec la formalisation, sans être confondue avec elle.
    Une réforme par l’expérimentation
    Avant toute réforme nationale du statut des orpailleurs, l’État pourrait engager un audit indépendant de ses propres capacités : disponibilité des agents, couverture territoriale, moyens de contrôle, dispositifs de paiement, sécurité des sites et traçabilité des flux.
    Cet audit pourrait déboucher sur une expérimentation dans un nombre limité de zones pilotes. L’objectif serait de tester, dans des conditions réelles, un modèle combinant recensement, encadrement administratif, comptoirs d’achat, contrôle environnemental et mécanismes de sécurité.
    Cette méthode paraît plus lente. Elle est pourtant plus sûre. Elle permet d’identifier les blocages, de corriger les failles et d’éviter qu’une réforme annoncée avec ambition ne reproduise, sous une autre forme, les échecs déjà constatés.
    La question n’est donc pas seulement : que faut-il faire contre l’orpaillage clandestin ? Elle est aussi, et peut-être surtout : avec quels moyens, quelles institutions, quelle méthode et dans quel ordre faut-il agir ?
    C’est cette exigence d’ingénierie de la décision qui sépare une intention pertinente d’une politique publique capable de produire des résultats durables.

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