[BUSINESS] AFREXIMBANK – Fitch Ratings – Un reflet des divergences d’évaluation des risques africains par Financialivoire
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Un récent différend a opposé la Banque africaine d’import-export (AFREXIMBANK) à l’agence de notation Fitch Ratings. L’institution financière panafricaine a vivement contesté la dégradation de sa perspective de crédit par l’agence, passée de « stable » à « négative ». Ce désaccord dépasse le simple litige technique ; il révèle un fossé persistant dans l’évaluation du risque et des dynamiques économiques du continent.
Le point de vue de Fitch : une approche fondée sur les risques perçus
Fitch justifie sa décision par l’exposition accrue de la banque à des pays membres présentant, selon ses critères, un risque souverain élevé et des vulnérabilités macroéconomiques. L’agence applique une méthodologie standardisée, qui pondère fortement les indicateurs de dette souveraine, de croissance et de stabilité politique. Dans ce cadre, les défis conjoncturels (inflation, dépréciation monétaire, tensions budgétaires) que rencontrent plusieurs économies africaines pèsent mécaniquement sur la note.
La position d’AFREXIMBANK : une vision tournée vers la mission et la résilience
AFREXIMBANK rétorque que l’analyse de Fitch ne capture pas la réalité de son modèle et de sa solidité. La banque met en avant sa mission de financement du commerce intra-africain et des projets d’infrastructure, essentiels pour le développement mais intrinsèquement de long terme. Elle souligne la qualité de sa gouvernance, la diversification de ses actionnaires (incluant des États et des institutions), la forte capitalisation de son bilan et le soutien politique dont elle bénéficie. Pour elle, sa résilience et son rôle contra-cyclique en période de crise sont sous-évalués.
Au-delà du litige : une question de perspective
Cet épisode illustre une tension récurrente.
• D’un côté, les agences de notation appliquent des grilles d’analyse globales, souvent critiquées pour leur caractère parfois trop rigide et leur sensibilité aux chocs de court terme, qui peuvent amplifier la perception de risque sur les marchés émergents.
• De l’autre, les institutions de développement africaines défendent une appréciation plus nuancée, intégrant les facteurs de soutien politique, les mécanismes de solidarité régionaux et la finalité stratégique de leurs interventions. En conclusion, ce « bémol » n’est pas anodin. Il souligne le besoin crucial pour le continent de continuer à renforcer ses propres outils d’évaluation du crédit et de financement du développement, tout en engageant un dialogue exigeant avec les acteurs globaux pour que les méthodologies intègrent mieux les spécificités et les dynamiques de transformation des économies africaines. La crédibilité future passe par la capacité à concilier ces deux logiques.

