[ACTUALITÉ] 🇿🇦 18 juillet – Mandela Day – Afrique du Sud : Que reste-t-il de l’héritage de Nelson Mandela face à la xénophobie ?

[ACTUALITÉ] 🇿🇦 18 juillet – Mandela Day – Afrique du Sud : Que reste-t-il de l’héritage de Nelson Mandela face à la xénophobie ?

Chaque 18 juillet, le Mandela Day célèbre l’héritage de Nelson Mandela et son idéal d’une Afrique du Sud ouverte et réconciliée. Mais que reste-t-il aujourd’hui de cette « nation arc-en-ciel » lorsque des immigrés africains sont régulièrement victimes de violences ? Comment un pays qui s’est construit sur la lutte contre la discrimination a-t-il pu voir émerger une telle afrophobie ?

L’Afrique du Sud s’est développée grâce aux migrations régionales. Durant l’apartheid, des travailleurs venus du Mozambique, du Lesotho, du Malawi ou du Zimbabwe ont largement contribué à son économie, notamment dans les mines. Pourtant, depuis les émeutes meurtrières de 2008, les attaques contre les immigrés africains se répètent dans les townships et les quartiers populaires, où commerces sont pillés, habitants expulsés et violences banalisées.

Ces agressions visent principalement d’autres Africains noirs. Depuis plusieurs années, des mouvements comme Operation Dudula ou Put South Africans First accusent les étrangers d’être responsables du chômage, de la criminalité et de la dégradation des services publics. Si ces discours rencontrent un écho, c’est aussi parce que le pouvoir a progressivement durci sa politique migratoire, entretenant une ambiguïté qui alimente les tensions.

Pourtant, les immigrés représentent une part limitée de la population et occupent souvent des emplois ou des secteurs dont le pays a besoin. Les véritables causes de la colère sont ailleurs : plus de trente ans après la fin de l’apartheid, l’Afrique du Sud reste l’un des pays les plus inégalitaires au monde, avec un chômage massif, des services publics défaillants, une forte pauvreté et une profonde défiance envers l’État.

Les immigrés sont ainsi devenus des boucs émissaires d’une crise sociale et politique que les gouvernements successifs n’ont pas su résoudre. Alimentée par certains responsables politiques et les réseaux sociaux, cette xénophobie fragilise désormais la démocratie sud-africaine elle-même.

En ce Mandela Day, la question demeure : que reste-t-il de l’héritage de Nelson Mandela si la solidarité africaine cède la place au rejet de l’autre ? Honorer sa mémoire ne consiste pas seulement à célébrer son combat, mais à refuser que les frustrations sociales soient transformées en haine contre ceux qui, hier comme aujourd’hui, participent eux aussi à construire l’Afrique du Sud.

Pour en savoir plus : https://theconversation.com/comprendre-les-violences-xenophobes-en-afrique-du-sud-282570

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