[ARTS & CONSTRUCTIONS D’AFRIQUE] – L’arnaque aux statues africaines – Une des plus grosses arnaques connues sur internet – Témoignage d’une victime
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Une victime raconte comment il a déjoué une tentative d’arnaque bien ficelée autour de prétendues statues africaines. Tout commence avec un appel d’un homme se présentant sous le nom de Ferdinand, affirmant vouloir sauver un petit village du nord du Gabon en vendant des statuettes ancestrales. Intrigué, mais soupçonnant une escroquerie, la victime décide de jouer le jeu. Ferdinand lui envoie par mail des photos de statues et prétend que l’offre initiale d’un acheteur américain est passée de 850 000 $ à 282 000 €. Il propose à sa cible de devenir « propriétaire officiel » des statues contre un acompte, avant qu’elles soient revendues à profit à l’Américain qui, bien sûr, n’existe pas vraiment.
Quelques jours plus tard, la victime reçoit un appel d’un prétendu Américain parlant un mauvais anglais avec un accent africain, qui accepte sans discuter l’offre de 850 000 $. Ferdinand annonce ensuite qu’un conseil de village a eu lieu pour autoriser la vente. Il donne un numéro pour contacter un « chef » dont le nom serait « interdit à prononcer ». Méfiant, l’auteur vérifie les infos en contactant des habitants réels du village d’Eboro. Il apprend que le chef est mort, qu’aucun remplaçant n’a été nommé et que le pont censé être cassé est en parfait état.
Il confronte ensuite le faux chef de village, qui bredouille des excuses confuses. Cette escroquerie est bien connue dans le milieu de l’art africain : de faux intermédiaires ciblent des amateurs d’art ou galeristes via internet, en inventant des histoires d’urgence ou de patrimoine menacé. Une fois l’acompte versé, d’autres demandes de paiements suivent (frais de douane, transport, nettoyage…), maintenant la pression psychologique. Le schéma est rodé : un faux acheteur étranger, des villageois en détresse, et des menaces implicites.
Une affaire similaire a été jugée à Bobigny (France), dans laquelle, onze personnes ont été poursuivies pour avoir escroqué des collectionneurs avec de fausses statues africaines. L’un des témoins affirme avoir payé 41 000 € pour trois statuettes soi-disant rares, en réalité estimées à moins de 100 € chacune. Les certificats d’authenticité étaient falsifiés, les « experts » autoproclamés. Des peines allant de 10 mois de prison avec sursis à 18 mois ferme et 60 000 euros d’amendes ont été requises à l’encontre des onze personnes jugées au tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis)
[ARTS & CONSTRUCTIONS OF AFRICA] – The African Statue Scam – One of the Biggest Known Online Scams – Testimony from a Victim
A victim recounts how he foiled a well-organized scam attempt involving supposed African statues. It all begins with a phone call from a man introducing himself as Ferdinand, claiming he wants to save a small village in northern Gabon by selling ancestral statuettes. Intrigued, but suspecting a scam, the author decides to play along. Ferdinand sends him photos of statues by email and claims that an initial offer from an American buyer has dropped from $850,000 to €282,000. He offers to make the author the “official owner” of the statues in exchange for a deposit, before they are resold for profit to the American who, of course, doesn’t actually exist.
A few days later, the author receives a call from a supposed American speaking poor English with an African accent, who accepts the $850,000 offer without hesitation. Ferdinand then announces that a village council has convened to authorize the sale. He provides a phone number to contact a “chief” whose name is said to be “forbidden to pronounce.” Suspicious, the author checks the facts by contacting real residents of the village of Eboro. He learns that the chief is dead, no replacement has been named, and the supposedly broken bridge is in perfect condition.
He then confronts the fake village chief, who mumbles a series of confused excuses. This scam is well known in the African art world: fake intermediaries target art lovers or gallery owners online, fabricating urgent stories or claims of endangered heritage. Once the deposit is paid, further payments are requested (customs fees, transport, cleaning…), maintaining psychological pressure. The scheme is well-rehearsed: a fake foreign buyer, villagers in distress, and implicit threats.
A similar case was tried in Bobigny, France, in which eleven people were prosecuted for scamming collectors with fake African statues. One witness stated he had paid €41,000 for three supposedly rare statuettes, which in reality were valued at under €100 each. The certificates of authenticity were forged, and the “experts” were self-proclaimed. Sentences ranging from 10 months suspended to 18 months in prison and €60,000 in fines were requested against the eleven defendants at the Bobigny Criminal Court (Seine-Saint-Denis).

