Commémoration du centenaire de la naissance du soldat Paul Bakoté né il y a un siècle jour pour jour au Cameroun à Tséko.
Mort pour la France le 14 septembre 1944 au Fort Saint-Irénée à Lyon après avoir participé à la libération de Villeurbanne et Lyon respectivement les 2 et 3 septembre 1944.
Commémoration organisée par le collectif Africa 50 et l’ONACVG en présence de Jean-Daniel Montet-Jordan sous-préfet, directeur de cabinet du préfet, Bruno Bonnell, député de Villeurbanne, Sira Sylla, députée de Seine Maritime, Katia Buisson, conseillère déléguée à la mémoire de la Ville de Villeurbanne, Florence Delaunay maire adjointe à la Ville de Lyon chargée de la mémoire, le consul du Cameroun à Marseille, Aïssata Seck, conseillère municipale à Bondy et les différents présidents des associations.

DISCOURS de Colette ILUNGA Coordinatrice Adjointe du collectif AFRICA 50

Monsieur le Directeur de cabinet représentant Monsieur le Préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, préfet du Rhône,
Monsieur le Consul du Cameroun,
Mr le député de Villeurbanne,
Mesdames, Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs les représentants les associations lyonnaises
Mesdames, Messieurs,

Un événement unique et novateur en France nous rassemble cet après-midi : la commémoration du centenaire de la naissance d’un soldat africain, pour saluer le courage et la bravoure de ce militaire venu d’une terre lointaine, qui a payé de sa vie au nom de la liberté.

A travers sa bravoure, nous souhaitons aussi rendre un vibrant hommage aux milliers de soldats africains recrutés dans toute l’Afrique subsaharienne entre 1857 et 1965, et qui ont combattus pour que la France recouvre sa liberté et sa souveraineté.

Cet homme s’appelle Paul BAKOTE.

Né le 21 septembre 1920 à Tseko au Cameroun, Paul BAKOTE, soldat camerounais, faisait partie du 1er Régiment d’Artillerie Coloniale, de la 1ère Division Française Libre.

Ce valeureux canonnier de 1èreclasse a combattu auprès des soldats africains à compter de 1941 au sein de la France libre jusqu’au débarquement de Provence du 15 août 1944, ce second front de libération ouvert dans le sud de la France.

Il a participé à la libération de Lyon le 3 septembre 1944.

Paul BAKOTE a été retrouvé mort par intoxication accidentelle de gaz toxique d’éclairage le 14 septembre 1944.

D’abord enterré au cimetière de la Croix-Rousse, son corps fut par la suite inhumé ici à la Nécropole nationale de la Doua.

A la suite de l’appel à la résistance du Général de Gaulle le 18 juin 1940, et le soutien d’un résistant de la première heure, Félix EBOUE, gouverneur du Tchad, nombre de pays de l’Afrique francophone rallient la France Libre ; l’Afrique devient une plaque tournante géostratégique d’où partent les forces armées.

Paul BAKOTE a été de tous ces combats depuis le ralliement du Cameroun.

La commémoration de ce jour s’inscrit dans la droite ligne du discours de Monsieur le Président de la République du 15 août 2019 pour le 75ème anniversaire du débarquement de Provence.

Je cite : « Honoré à juste titre par leurs camarades de l’époque, ces combattants africains, pendant nombre de décennies, n’ont pas eu la gloire et l’estime que leur bravoure justifiait.

La France a une part d’Afrique en elle et sur ce sol de Provence, cette part fut celle du sang versé. Nous devons en être fiers et ne jamais l’oublier : les noms, les visages, les vies de ces héros d’Afrique doivent faire partie de nos vies de citoyens libres parce que sans eux nous ne le serions pas ».

L’importance de cette commémoration est de rappeler l’humanité, la fraternité et l’amour, parfois ambigu, entre les peuples de France et d’Afrique, et surtout d’honorer la mémoire de tous nos soldats morts au combat, dont les héritiers directs, c’est dire NOUS, continuons à prendre part à la vie de notre patrie dans d’autre combat.

L’importance c’est aussi de veiller pour que cette solidarité qui a soulevé, dans une fraternité d’arme, des hommes courageux venus d’ailleurs ne tombe dans l’oubli !

Et enfin, c’est d’être conscient que la paix et la prospérité dont nous jouissons tous aujourd’hui ne sont pas un cadeau venu du ciel, mais une conquête.

Le Collectif Africa 50 est né il y a 10 ans, dans le cadre de la célébration du cinquantenaire des indépendances des pays de l’Afrique francophone ; il rassemble une quarantaine d’associations des Diasporas africaines en Auvergne Rhône-Alpes.

Notre structure a pour objectif la promotion de l’Afrique, des Caraïbes et de l’Océan Indien en garantissant l’inclusion des diasporas africaines en Auvergne Rhône-Alpes, pour le vivre ensemble, par plusieurs thématiques dont la Mémoire.

Ce champ de la Mémoire fait partie des activités phare du Collectif. Chaque année Africa50 est présent dans les manifestations qui rappellent que la France et les pays africains ont écrit plusieurs pages communes de l’Histoire.

Pour remplir notre mission mémorielle,

Chaque 18 juin nous nous retrouverons à la Montée de Balmont dans le 9ème arrondissement de Lyon, pour rendre hommage aux 27 soldats africains lâchement abattus par les allemands parce qu’ils étaient noirs et africains.

Le 1 er novembre nous nous mobilisons ici même, à la Nécropole nationale de la Doua, pour rendre hommage aux combattants morts pour la liberté de la Nation.

Le 11 novembre, nous nous retrouvons au Tata Sénégalais de Chasselay pour la commémoration de tous les tirailleurs africains.

Dans notre calendrier mémoriel sont également inscrits la journée nationale de la commémoration de la mémoire de l’histoire de l’esclavage de la traite et leurs abolitions en date du 10 Mai ainsi que la date du 18 juillet en hommage à Nelson Mandela prix Nobel de la Paix.

Ce devoir de mémoire est important parce que :

Les liens entre l’Hexagone et l’Afrique étant multiples, nous avons le devoir d’éclairer les consciences pour donner une image juste des rapports qui nous lient, et promouvoir une culture de paix.

Pour rappeler l’engagement et le sacrifice ultime subit par nos aînés.

Pour se souvenir de cet héritage militaire qui comprend sa part de détresse et de souffrance, mais aussi de volonté et de courage et ainsi transmettre aux jeunes générations des valeurs d’engagement et de solidarité.

Pour œuvrer ensemble afin que la mémoire soit plus forte que l’oubli.

C’est dans ce sentiment d’unité, de fidélité à nos valeurs communes, que nous devons trouver notre force aujourd’hui ; ce sera la meilleure manière de respecter la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés naguère, et à qui nous devons tant.

A la mémoire de Paul BAKOTE mort pour la France,
A la mémoire de tous les soldats morts pour la Liberté
Nous disons tous à l’unissons : Nous n’oublierons jamais !


Vive la République, vive la France !

Colette ILUNGA
Coordinatrice Adjointe

Partagez cet article