[LITTERATURE] Pour Léonora Miano, l’Europe doit, à son tour, accepter le relativisme

[LITTERATURE] Pour Léonora Miano, l’Europe doit, à son tour, accepter le relativisme

« L’Afrique a été construite par les Européens comme un grand pays.
On parle de «littérature africaine».
Mais je me sens culturellement plus proche d’un Antillais que d’un Ethiopien.
Le Sahel est dépaysant, pour moi.
Donc oui, les tribus qui ont commercé avec les Européens ont vendu, de leur point de vue, des étrangers.

Elles ont reçu en échange des armes à feu, et les voisins se sont mis à capturer pour acquérir les mêmes armes.
Des populations ont résisté.
Dans un premier temps, on n?avait pas le droit de vendre les siens.
Parfois, on vendait les criminels.
Puis il y a eu une période d?emballement, où toutes ces règles ont explosé.
C’est une histoire complexe.
Dire: «Les Africains se sont vendus entre eux», c’est comme dire que pendant la période nazie, des Européens se sont gazés entre eux… »

Léonora Miano
Prix Femina 2013 pour « La Saison de l’ombre » (Grasset).

Entretien au Nouvel Obs :
http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20131023.OBS2280/leonora-miano-ce-que-l-esclavage-a-fait-a-l-afrique.html

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.