Dans le cadre de la campagne de l’élection présidentielle 2012, le collectif Africa 50 qui regroupe plus de 30 associations a invité les représentants des candidats à venir défendre leur programme vendredi 23 mars 2012 à Lyon. Sur les dix candidats retenus par le Conseil Constitutionnel seulement 5 ont répondu favorablement. Devant un public relativement nombreux, le débat s’est concentré sur 3 axes principaux à savoir la présentation des candidats puis des questions sur la place des Noirs dans la société françaises ont été l’objet d’échanges très intéressants.

La dernière partie devait concerner l’international mais le temps imparti avait été largement épuisé par les autres thèmes et le manque de respect du timing de la part de la salle. Au sortir de ce débat nombreux sont ceux qui sont resté sur leur faim car ils auraient aimé poser des questions en particulier au représentant de Nicolas Sarkozy qui a brillé par son absence.

Pour Christophe Marchioso qui représentait Nathalie Artaud de Lutte Ouvrière, toutes les questions posées doivent trouver leurs solutions dans l’unité dans la lutte des travailleurs. La question de la couleur n’a aucun sens dans ce débat, l’importance étant de permettre aux ouvriers et aux ouvrières de reprendre leur place confisquée par le grand capital.

François Bayrou du Modem avait Eric Lafond comme porte parole. Dans ses propos, M. Lafond est apparu très modéré à limage son parti en souhaiant que celui-ci trouve une place sur l’échiquier politique français à équidistance entre l’UMP et le PS. Sur la question sur la place des Noirs en politique, il a invité ceux qui estiment que c’est de plus en plus difficile en ne pas désespérer en investissant les partis même si cela leur semble ne pas payer. Pour le représentant de Bayrou, la crise économique a accéléré les blocages de la société française qu’il a par ailleurs reconnus. L’espoir pourrait naitre d’un assainissement des finances publiques.

Théodore Riottier pour Jacques Cheminade est revenu sur les prévisions de son candidat qui avait prévu, il y a quelques années, la crise économique dont les principaux responsables sont ceux qui pensent que l’économie ne se résume qu’à un vaste casino financier dont le but est de s’enrichir en ruinant les autres. C’est pour cette raison que la question de la place des minorités est loin de la préoccupation des financiers et tant qu’on ne changera pas de logiciel de réflexion, la situation sera la même et nous poursuivrons les 30 piteuses.

Le candidat François Hollande avait désigné Martine Roure pour porter la bonne parole. Elle a, tout d’abord, tenu à apporter à apporter des précisions qui est loin de l’image d’incompétence que tente de lui coller ses adversaires. Selon elle François Hollande sait ce qu’il veut et sait où il va. En ce qui concerne les problèmes comme ceux de la discrimination et de la précarité, elle a estimé que cela était la conséquence de la casse des services publics comme l’école par exemple et qu’il était temps de remettre la France sur de bons rails.

Patrick Finel du Front de Gauche a défendu les couleurs de Jean Luc Mélenchon. Venu de Paris, le spécialiste Afrique de Mélenchon était le plus à l’aise. Il a tout suite trouvé l’écoute du public. Patrick Final à l’instar de son leader n’est pas passé par quatre chemins pour dénoncer les abus de la société dans laquelle nous vivons où les différentes plaintes énoncées ne sont que la conséquence du tout financier qui a été imposé. Selon il faut éviter de ramener le débat à la couleur de la peau. La crise économique a exacerbé les haines et certains les amplifient, il faut donc éviter de tomber dans le panneau.

On pourra donc retenir au sortir de ce débat que les attentes politiques de la part des Afros sont très grandes mais que les réponses de la part des politiques sont loin d’être satisfaisantes. Cela serait-il dû aux manques de considération pour ces populations de leur part comme le soulignait un participant. Africa 50 a apporté sa pierre à l’édifice de la démocratie française en organisant ce débat. Pour ceux qui le souhaitent un débat aura lieu après le spectacle « En toute oralité » présente le vendredi 13 avril 2012 à la Maison des Passages à Lyon.