« La fuite en avant actuelle que nous constatons un peu partout, vers un monde sans éthique, ne doit pas durer, ne peut pas durer ; sinon aveuglés par leurs nouveaux maitres que sont l’argent, le pouvoir, la force et la place, les hommes vont se précipiter droit vers une vie de méconduite ; c’est-à-dire, une vie où le dire et le faire se trouveront presque de façon permanente, en deçà de ce que la morale proscrit ».
Ces propos sont du juge Kéba Mbaye, tenus le 14 décembre 2005 à l’Ucad (Université Cheikh Anta Diop) de Dakar lors de sa magistrale « Leçon inaugurale ».
Ces propos illustrent la situation dans laquelle se trouvent beaucoup de pays à travers le monde.
Connaissant mieux les dérives de certains des nôtres qui sont africains dans leur majorité, permettez que je ne fasse allusion qu’à l’illustration de ceux-ci pour l’avoir vécue à travers mon quotidien et partout dans les grandes villes européennes. Les grandes valeurs qui faisaient le socle du commun vouloir de vie commune que partageaient avant nous, nos parents et grands-parents ont disparu au profit des antivaleurs du 21ème siècle.
Le constat partagé est que nos peuples ont changé et ce, dans le mauvais sens.
Il suffit de sillonner les grandes rues de ces grandes villes, de jour comme de nuit pour se rendre compte de l’amoralité et de l’immoralité de certaines des nôtres.
Est-il exact de dire que l’amoralité et l’immoralité sont devenues les nouvelles règles de conduite de notre société, société gangrénée par les multiples et diverses corruptions des mœurs et des mentalités de l’ère des nouvelles technologies de l’information !
Il faut relever que le mensonge, la traîtrise et la fourberie représentent désormais les constituants des relations entre les individus alors que la méfiance et la peur de l’autre sont les mieux partagés dans la société, la nôtre.
Ces faits nous emmènent à rester sur nos gardes alors que nos devanciers se vouaient une confiance mutuelle avec pour seul caractéristique fondamentale, le respect de la parole donnée ce qui insinuait que faire était alors consubstantiel du dire.
Ainsi, pour acheter, vendre, prêter et emprunter par ces temps, la seule parole suffisait ; De nos jours, ce qui parait inquiétant, est qu’on ne sait plus à quelle parole se fier surtout que beaucoup de nos gouvernants s’y mettent.
Ayons à l’esprit qu’un adage des plus anciens dit ce qui suit : « La fin justifie les moyens ».
Nos « sachants » sont ceux-là même qui nous emmènent à dire que les voies de contournement ont aujourd’hui fait place à une nouvelle vie par leurs faits et gestes de manière à accumuler toujours les lacunes dans la gestion quotidienne des affaires des Etats au-devant desquels ils ont été élus par le peuple auquel ils doivent rendre compte le moment venu.
Que font ces sœurs le soir tombé aux bords de ces berges et dans ces arrêts de bus qui leur servent d’abris ?
Que font –elles dans ces fourgonnettes loin des yeux, dans les campagnes et dans ces champs de maïs exposant ainsi leur vie au mépris de toute considération ?
Qu’avons-nous fait à celui qu’on croit éternel pour que nous en soyons là aujourd’hui ?
Entendent-ils du haut de leur piédestal que certains des nôtres périssent dans les eaux considérées comme le ventre de l’Atlantique par Fatou Diome ?
Attendent-ils les pleurs de nos frères et sœurs battus et brulés pour leur appartenance à notre race ?
Battus et traités d’esclave des temps modernes par les uns et les autres et parfois pour des demandes de rançons.
Savent-ils qu’il est interdit désormais à notre race d’emprunter les moyens de transport en commun dans certains pays ?
Non, non, elles n’y sont pas parce qu’elles le veulent, elles y sont parce qu’elles sont contraintes pour certaines d’entre elles et par nécessité de survie pour beaucoup d’entre elles.
Que mettent-ils en place pour nous permettre de rester dans nos pays ?
Quelle politique de retour pour nous permettre de transmettre nos acquis à nos mères patries est –elle mise en place ?
En vérité, pourquoi s’embarrasser de valeurs quand les antivaleurs nous permettent d’aller lentement et moins loin dans la veulerie entièrement dédiée au Dieu Argent, acheteur de bonne conscience, d’honorabilité et de haute naissance, souillées de toute tache comme un certain…linge !
Aujourd’hui et ici même, je voudrais te dire, toi , jeune fille à la recherche d’un mari, jeune homme à la recherche d’une épouse, sortez de ce cercle vicieux, sortez de ce carcan qui n’a que trop duré, débarrasse toi de ton vernis de bonne fille de famille, de fille à laquelle on donnerait des miettes pour assouvir tant soit peu, son plaisir, un plaisir éphémère et sans lendemain ; refuse de porter des tenues plus dévêtues pour le plaisir des autres, fréquente des endroits conseillés et offre à celui qui sera ton époux, ton corps.
A tous ceux qui ne jurent que par les dérives de ce que nous enseigne le 21ème siècle, attention aux lendemains de gueule de bois, attention au Dieu d’argent car le crédit est mort.
Le monde nous apprend enfin que tout se paie cash.

Marcel AKA

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