Comme j’en ai l’habitude à chaque fois que je reviens de vacance, permettez que je revienne ici, sur des faits ayant marqué mon séjour qui a duré 33 jours.
Ainsi, j’ai été en Côte d’Ivoire du 13 juin au 16 juillet 2019.

Pour être près de la réalité quotidienne de nos parents et en être témoin, tous ceux qui vivent dans les grandes villes, les campagnes et hameaux de notre belle Côte d’Ivoire quoiqu’on en dise, j’ai parcouru notre pays, du sud au nord puis de l’ouest à l’est en passant par Abidjan où j’ai constaté que les grandes voies à côtés desquelles étaient construites des bicoques qui sont des cachettes des jeunes dont l’insertion dans la vie est devenue un soucis permanent pour l’actuel gouvernement sont détruites, décision que j’approuve parce que le phénomène devient inquiétant pour la vie des sans voix.
J’étais à Abidjan puis à Yamoussoukro et dans plusieurs autres grandes et petites villes de l’intérieur du pays.
Visiter ces villes en traversant ces villages qui les séparent l’une de l’autre était un pèlerinage pour moi.
Elles m’ont connu pour certaines comme élève, pour d’autres comme étudiant, stagiaire, travailleur et vacancier.

Comment y parvenir !

Tel est le questionnement auquel je suis aujourd’hui confronté suite à un constat que je voudrais vous faire partager à travers cette contribution.
Certains de nos parents meurent aujourd’hui parce que n’ayant rien à manger.
Ils meurent parce qu’ils n’ont plus de terre où cultiver pour subvenir à leurs besoins journaliers
Ils meurent parce qu’ils n’ont plus personne autour d’eux, certains des leurs demeurent encore dans leur exil forcé
Ils meurent de chagrin et certains se laissent parfois mourir parce que n’acceptant pas la situation qui leur a été imposée.
A tous ces méfaits, s’ajoutent les conditions sanitaires de nos centres de santé, nos dispensaires, nos instituts et hôpitaux.
Je vais ici revenir sur l’hôpital dans notre pays.

Comment va l’hôpital en Côte d’Ivoire ?
Comment sont pris en charge nos parents lorsqu’ils y arrivent pour les soins ?
A qui est destiné l’hôpital dans notre pays ?

Si nos gouvernants ne prennent pas des dispositions pour le maintien des soins primaires à nos parents lorsque ceux-ci se présentent dans ces hôpitaux, l’extermination de la race noire en Afrique Noire Francophone deviendra effective.
Notre système de soins prodigués à nos parents est en danger pour l’avoir touché du doigt.
N’est pris en charge dès son arrivée que celui qui dispose de l’argent
N’est soigné dans nos hôpitaux que celui qui a de l’agent.

Quel est ce pays où les pauvres n’ont pas droit à la vie ?
Quel est ce pays où le serment d’Hippocrate n’est pas exercé par ces Médecins formés sur les deniers publics du peuple ?

Aucun système n’est viable que, si les traitements qui en font la base ne sont pas administrés aux ayants droit.
Notre système hospitalier d’aujourd’hui est en danger à cause de son fonctionnement approximatif par ceux qui ne sont pas à l’origine du fonctionnement du CMU ivoirien, mort à peine qu’il est né.
Qu’attendent nos gouvernants pour exiger de ces pays occidentaux leurs devoirs et obligations de mettre à notre disposition ce peu qui est le nôtre mais dont ils disposent dans leurs banques et paradis fiscaux qui pourrait nous permettre de mettre à flot tous nos systèmes de bonne gouvernance ?

Rien ne sera facile pour nous Pays Africains Noirs Francophones si le système de Sécurité Sociale Français perdure.

D’où vient tout cet argent qui le finance ?
Combien sommes-nous à bénéficier de ce système dont parlent souvent les nationalistes occidentaux ?
Que deviennent les avantages auxquels ont droit certains de nos parents morts sans veuve et enfants dans la fleur de leur âme après 5 voire 15 ans de cotisation sociale ?

A tout ceci, s’ajoutent les routes bitumées devenues des mouroirs.
Pour aller de Toumodi à Oumé, il faut mettre 2h voire 2h 30 pour relier ces deux villes dont la distance entre elles ne fait que 55 km.

Du gravier versé dans le cadre de la mise en état de cette route depuis le déplacement du Président à Djékanou pour rendre hommage à l’un des illustres fils de notre pays en la personne de ABDOULAYE Diallo reste encore visible, les travaux attendant la campagne des élections Présidentielles .

La nationale reliant Abidjan et Korhogo n’existe plus à certains endroits au détriment de l’autoroute.
Dans aucun pays au monde, un tel choix n’a été fait.
Les entrées sur l’autoroute n’ont pas été conçues et matérialisées pour permettre aux automobilistes de connaître le caractère payant de la voie empruntée.
Aussi, le tarif appliqué est unique pour celui qui vient de Korhogo comme pour celui qui vient de Oumé en passant par Toumodi.

Le respect du code la route n’est pas observé tant à Yopougon que dans la plupart des quartiers de la capitale économique.
Une confusion totale observée lors de mes déplacements dans le transport des personnes et des biens aux heures de pointe existe dans la capitale économique ; les agents de sécurité demeurant incapables d’apporter des solutions pérennes à ce fléau.
Trop d’épaves de voiture restent en circulation.

Les dispositions prises en ce qui concerne l’interdiction d’importer les véhicules de plus de 5 ans est une imagination des « en haut d’en haut » comme le disait Le Professeur NIANGORAN Bouah, paix à son âme.
Renforcer les capacités d’accueil et l’exigence des critères de contrôle technique des véhicules de plus de 7 ans permettrait de lutter efficacement contre la pollution de l’environnement.
Dans la plupart des pays occidentaux, les véhicules de plus de 20 ans restent en circulation.
J’en ai un de 1997, soit 22 ans d’âge dont le contrôle technique a été fait en Avril dernier.

Libérer les énergies pour nos compatriotes qui excellent dans l’importation et la vente des voitures dont la date de mise en circulation ne dépasserait pas 10 voire 15 ans comme l’ont fait en leur temps La Guinée Conakry et le Ghana rendrait service à l’Etat en renflouant ses caisses.

Au risque de me répéter et de me faire comprendre au mieux, le retour à l’importation des véhicules de plus de 5 ans est une nécessité absolue pour nos parents.
Ramener l’importation de ceux dont l’âge de la première mise en circulation ne dépasserait pas 10 ans en renforçant les critères de leur contrôle technique résoudrait la difficile équation entre les importateurs et l’Etat.

Je termine ma contribution en rendant un vibrant hommage et une reconnaissance à tous ceux qui ont permis à Port-Bouet d’avoir un visage rayonnant grâce aux travaux exécutés tout le long de l’océan côté Grand- Bassam.

A tous ceux qui ont travaillé dans l’ombre pour le bien-être de certaines catégories de la population, je leur dis que les derniers mois qui nous séparent de toutes les élections confondues doivent être destinés aux sans voix.

A ceux qui ont comme objectifs, la réconciliation de toutes les filles et de tous les fils de ce pays, le vivre ensemble, le respect de la diversité, le partage, le sens de responsabilité, le dialogue, la justice et la paix, je dis :
Tendons-nous la main pour une Côte d’Ivoire rassemblée.

Marcel AKA

Les écrits contenus dans cette rubrique n’engagent nullement ekodafrik.net mais uniquement leur auteur.

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