Le CFA n’est pas une monnaie de servitude, c’est plutôt une fraude à grande échelle. Ca, tout le monde le sait et il n’y a pas plus facile que d’en sortir et créer sa propre monnaie. Cependant, on sait aussi très bien que si nous retirons nos billes du trésor français, la France ne fera plus partie des pays développés et se défendra bec et ongle, quitte à mettre tout en oeuvre pour nous faire disparaître économiquement de la planète. Alors que faire ?
Voilà une entente entre 2 parties qui décident de faire une caisse commune en cas de difficultés. Quand la France a des problèmes, elle puise dedans ; malheureusement, quand c’est l’Afrique, on décide d’une dévaluation. Si on comprend bien la technique, c’est encore le trésor français qui gagne en empochant une partie de cette dévaluation. Par exemple, si 1FF vaut 50FCFA et que l’on dévalue pour que 1FF équivalent à 100FCFA, celui qui avait un salaire de 100.000 CFA reste à 100.000, alors que dans les faits, il ne gagnera plus que 50.000 après la dévaluation. Après chaque dévaluation donc, le peuple s’appauvrit. Il est donc évident qu’on ne peut rester dans un tel système. Néanmoins, on ne sort pas des termites pour entrer dans les magnans. Sans mûre réflexion, on signe notre arrêt de mort. Demandons à la Grande-Bretagne ce qu’elle pense aujourd’hui de son Brexit. Quelque fois sortir d’un système coûte plus cher que d’y entrer. Aller doucement dans cette affaire, bien réfléchir aux conséquences, pallier toute éventualité, trouver des parades pour éviter les coups bas et la colère du lion blessé, est mieux pour nous. Tel David contre Goliath, réfléchissons à la meilleure arme à utiliser pour sortir du CFA sans trop de casse. C’est mon avis. Jamais la France et ses alliés ne nous laisserons faire sans réagir et sans se défendre, il y va de sa propre survie. Sortir du CFA, oui. Avoir une monnaie qui pèse comme celles du zimbabwe ou de l’ex-Zaïre, non. Quitter le CFA pour tout échanger en dollar ou en euros, comme en Guinée, non.
Commençons donc, par travailler dur à notre humble niveau. La richesse d’un pays, ce n’est pas sa monnaie, c’est sa valeur travail. C’est aussi la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et contre tous ces maux qui minent notre économie. Comme disait quelqu’un, « Avec 50% de la population qui ne sait ni lire, ni écrire ; 46% de la population qui vit sous le seuil de pauvreté ; 1,3 médecins pour 1000 habitants, un secteur industriel qui n’existe que de nom, une corruption endémique. Et encore la liste n’est même pas exhaustive ;C’est sortir du Francs CFA qui doit nous préoccuper ? , mais sincèrement, on doit chercher notre problème de sous-développement chronique ailleurs. Créer notre monnaie dans l’état où nous sommes avec l’épée de Damocles-France au-dessus de notre tête… Vrai-vrai, on n’est pas encore prêt.

Nadira Mekachera

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