Nantes (France) – Mardi 22 octobre 2013 – Il était une fois, un petit garçon ivoirien de 5 ans qui, comme tous les enfants, avaient de grands rêves.
Ses parents eux aussi en avaient ! Fils d’employé de banque, son père voulait faire de lui un médecin. Mais voilà le destin en a décidé autrement…
Août 1983, il prend l’avion direction la France, pour y rejoindre son oncle paternel et son épouse.
Son premier pied sur le sol français, il l’a posé à Bordeaux, non pas à Paris comme il l’a souvent été dit par les médias. A l’aéroport l’attendaient Frédérique G., l’épouse de son oncle, et Patrick T., dirigeant du club de foot de l’Asac d’Angoulême.

Septembre 1983, il fait sa première rentrée scolaire française, dans une petite école de Soyaux, ville limitrophe d’Angoulême. Petite histoire qui porte à sourire, au moment de laisser Didier avec sa maitresse, celui-ci appelle avec un grand cri du coeur sa tante en lui demandant l’argent. En fait Didier pensait que dans les écoles françaises, sur le temps de récréation, on vendait comme en cote d’Ivoire alloko et beignets…
Didier a commencé ses premiers pas de footballeur à Angoulême. Difficile pour lui cette différence culturelle, le racisme vécu au quotidien ! Dans cette ville ne vivaient à l’époque que 3 familles black, et… les regards, le comportement des gens étaient très maladroits, agressifs !!!
Juin 1984, départ pour Dunkerque où son oncle vient de signer un nouveau contrat. Le début des difficultés au niveau des papiers, la préfecture de Lille refusant de valider les papiers ivoiriens et lui accorder un droit de séjour en France. Retour en Cote d’Ivoire pendant 1 an chez ses parents…
Puis retour en France, à Dunkerque de nouveau.
Son oncle Michel G. étant footballeur professionnel, Didier a été amené à fréquenter de nombreux établissements scolaires, à déménager presque chaque été dans de nouvelles villes. Après avoir joué à Angoulême, Dunkerque, Abbeville, Tourcoing, Lyon La Duchère, le voilà à Vannes.
Fidèle à ses rêves, il veut devenir footballeur professionnel. C’est son rêve et il le veut réalité.
En cours, au lieu de copier ses devoirs sur ses cahiers, il dessine des tenue de foot, il écrit le nom de tous les footballeurs du moment, il fait ses pronostics pour les matchs à venir le week-end suivant…
Sa scolarité n’a pas pour autant été un échec. Elle n’était ni nulle, ni bonne, juste la moyenne…
Son père arrivé en France quelques temps auparavant ne supportait pas cette idée. Il a toujours voulu voir son fils être médecin et ne changeait pas d’avis. Didier part donc le rejoindre sur Paris.
Didier étant très déterminé à vivre ses rêves, rien ne change. Il part chez son cousin habitant Le Mans, et y rejoint le centre de formation.
La suite ? Vous la connaissez toutes et tous… Guingamp, Marseille, Chelsea, …. l’équipe de Côte d’Ivoire en tant que capitaine… Cet enfant a pour nom Didier Drogba, Tebily Drogba Didier Yves à l’état civil, Tito pour ses proches.
La conclusion de cette histoire réelle ? Il faut toujours se battre pour vivre ses rêves et en faire une réalité. Il ne faut pas baisser les bras face aux regards des gens, ignorer le racisme même s’il fait mal. Il faut s’imposer, faire valoir ses valeurs, ses origines, ses compétences…

Frédérique G.

La photo a été prise à Yopougon un quartier d’Abidjan, en juillet 1983, au moment ou Frédérique G. préparait la venue administrative de Didier en France, il avait alors 5 ans

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