Discours de commémoration au Tata de Chasselay

Mesdames et Messieurs les Maires,
Monsieur le Député,
Monsieur le représentant de la Métropole de Lyon,
Mesdames et Messieurs les élus,
Messieurs les représentants des Consulats,
Messieurs les Anciens Combattants,
Messieurs le représentants des institutions religieuses,
Mesdames et Messieurs les représentants des Administrations,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Associations,
Mesdames, Messieurs,
Nous ouvrons une nouvelle fois cette page tragique de l’histoire pour ne pas oublier.
Célébrer le 11 novembre, c’est se rappeler ce jour de 1918 où, enfin, le conflit sanglant prenait fin, le jour où on espérait que cette Première Guerre Mondiale serait la dernière. Ce jour là, on ne pouvait savoir qu’elle ne faisait que s’arrêter et que l’horreur allait se répéter, en pire, deux décennies plus tard.
Le 11 novembre 1918 restera un jour de joie pour beaucoup de citoyens d’alors, mais une joie altérée par les millions de victimes décédées, blessées ou infirmes sans jamais oublier que ce fut un drame pour l’Europe qui n’allait jamais s’en remettre et que la seconde guerre allait achever.
Aujourd’hui, nous sommes sur les lieux même où, pendant cette Seconde Guerre, des soldats ont été suppliciés et assassinés parce qu’ils étaient noirs, où des tirailleurs ont souffert pour défendre la liberté de la France et de l’Europe.
Que célébrons-nous, une nouvelle fois aujourd’hui au TATA de Chasselay ?
Nous célébrons la fin de ces terribles guerres, nous célébrons la mémoire de toutes les victimes, nous célébrons la paix et nous célébrons le début d’un nouvel Espoir commun.
D’abord la fin de ces guerres qu’il n’est pas inutile de rappeler qu’elles furent les plus inhumaines si tant est qu’il y ait des degrés dans l’horreur. Elles furent les plus meurtrières. Elles furent le combat de la Liberté contre l’oppression, de la Démocratie contre le totalitarisme, de l’Humanité contre l’horreur. Nous rendons un hommage à la France et à tous les peuples coalisés, nous rendons hommage à ces soldats africains qui refusèrent de se coucher devant la force et la brutalité et qui n’ont eu qu’un seul but : la Liberté.
Nous célébrons aussi la mémoire de ces innombrables femmes et hommes, victimes et acteurs de ces terribles guerres, ces combattants qui ont droit à notre fidélité.
Il nous appartient, plus que jamais, d’aller plus loin, d’associer le souvenir des victimes à la connaissance des causes, aux circonstances et aux conséquences de ces guerres. C’est un devoir pour la Mémoire et pour l’Avenir de nos enfants.
Nous célébrons la paix. Le combat pour la Paix et la Liberté est loin d’être terminé. Il nous appartient de le mener en nous appuyant sur le courage de tous ces combattants de la liberté qui nous ont précédés.
Au delà des discours d’hommage, notre premier devoir vis-à-vis de ceux à qui nous devons aujourd’hui notre liberté est de garantir la PAIX à ceux qui nous suivrons. C’est en nous battant pour la Paix que nous sommes fidèles à la mémoire de ceux dont les noms sont gravés sur toutes ces stèles.
Parce qu’il n’existe aucune tâche plus essentielle, aucune ambition plus juste, aucune priorité plus absolue que de contribuer à un monde de paix.
Nous célébrons aussi le début d’un Espoir commun. Les femmes et les hommes, morts pour la victoire des alliés, voulaient un monde différent, un monde plus juste, un monde plus libre, un monde plus humain.
L’Histoire devra retenir que ce monde de l’après guerre aura été fidèle à leurs espoirs. Nous devons nous souvenir de cet espoir et tout faire pour contribuer à sa réalisation. C’est notre devoir en tant que citoyens.
Cela donne, aux générations d’aujourd’hui et de demain, la responsabilité d’entretenir le souvenir de toutes les victimes et de leurs familles, de tous les tirailleurs africains dont les vies furent brisées au nom et pour la France.

Nous sommes aujourd’hui ce matin nombreux au Cimetière de Chasselay et au Tata de Chasselay pour cette commémoration. Nous y sommes aussi pour saluer la dignité et le courage des chasselois et autres villageois des alentours qui ont eu un comportement héroïque dans des moments tragiques. Parmi eux nous tenons, une nouvelle fois, à honorer la mémoire d’Henriette MORIN, pharmacienne, qui a soigné et réconforté des Tirailleurs survivants, avec courage et audace. Le square, situé à la sortie du village, au croisement de la route de Saint-Germain et de la rue des Auges et qui porte désormais le nom d’Henriette Morin, restera pour nous un lieu de recueillement et de prières. Il nous appartient de toujours prouver par notre présence nombreuse, que nous ne les oublierons jamais.
En ce jour de 11 novembre 2017, plus que jamais, nous disons, au nom de tous les combattants africains et de leurs familles :
Que Vive la République et ses valeurs de Liberté, d’Egalité, de Fraternité dans un monde qui est loin de toujours les reconnaître.
Que Vive la Paix dans la justice pour tous et le respect de chacun.
Je vous remercie.

Abdou SONKO, Président de l’APAL

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