La France est le premier État et demeure le seul qui, à ce jour, ait déclaré la traite négrière et l’esclavage « crime contre l’humanité« . Elle est également le seul État à avoir décrété une journée nationale de commémoration. Ainsi depuis 2006, le 10 mai – date fixée par l’ancien président de la République Jacques Chirac – est la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leursabolitions.

A cette occasion, France Ô propose, dès 12.45, une programmation spéciale  avec de la fiction, du documentaire et la diffusion du concert en hommage aux victimes de l’esclavage.

Un moment pour conjuguer l’histoire et la mémoire, pour parler de cette tragédie, de ses répercussions et de sa transmission.

12.45 : ANOTHER COUNTRY

Another Country

En retournant à Ramingining, où il a été élevé, une petite communauté autochtone isolée du nord de l’Australie, David Gulpilil expose les ravages de la colonisation blanche sur une civilisation aborigène millénaire en train de disparaître. Il tente de dépasser les barrières entre cultures blanche et indigène pour donner voix à ce peuple nomade chez qui tout est fondé sur le partage, mais administré par un gouvernement qui bafoue ses traditions.

Documentaire réalisé par : Molly Reynolds

14.55 : ARCHIPELS-MON ANCÊTRE L’ESCLAVE

ARCHIPELS MON ANCÊTRE L'ESCLAVE

En mai 1848, quand l’abolition de l’esclavage est votée, le gouvernement décrète un recensement de la population et impose l’attribution d’un nom aux affranchis. Cette décision historique va leur permettre de devenir des citoyens à part entière.

En mai 1848, une circulaire ministérielle adressée aux Commissaires Généraux de Martinique, Guadeloupe, Réunion et Guyane, stipule de procéder à un recensement et d’attribuer un nom à chacun. Cet ordre venu de Paris inaugure un moment historique crucial et l’attribution de patronymes acte la métamorphose des esclaves en citoyens.

Références bibliques, mythologiques ou géographiques…diverses sources sont mises à contribution. Pour nommer 87.000 asservis en Guadeloupe et 73.500 en Martinique, les fonctionnaires vont devoir faire preuve d’imagination. Si certains se montrent respectueux, d’autres se lâchent avec férocité. Après s’être longtemps désintéressés de la question, les Antillais cherchent aujourd’hui à connaître l’origine de leur patronyme et à s’approprier la mémoire retrouvée de leurs ancêtres.

Réalisation : Frédéric Senneville, Thierry Derouet Production : Bonobo Productions Durée: 52 min Année : 2017

15.50 : Guyane, la conquête en mémoire

 Eclectic Prod

D’une superficie de 84 000 km², la Guyane est peuplée à 80% le long de son littoral. Apparemment déserté dans les terres, le département -situé sur la côte Nord de l’Amérique du Sud- a pourtant toujours été habité. Les Amérindiens sont les premiers à s’être installés en Guyane, il y a plus de 8 000 ans. Toutes les âmes de la Guyane vous emmène à la rencontre de celles et ceux qui font la Guyane d’aujourd’hui. 

Francky JOAN est Palikur, une ethnie amérindienne. Il tente de conserver les traditions de ses ancêtres. Originellement nomade, cette tribu de l’Est de la Guyane s’est installée dans les années 1970 à Favard, le long de la rivière Oyak. Grâce à une association, Francky transmet le savoir-faire du tressage en fibres naturelles. A ses côtés, nous découvrons le chef coutumier et le chaman : deux hommes extrêmement importants dans la vie du village.

A l’autre bout du département, tout à l’ouest, une autre ethnie amérindienne habite le village d’Awala-Yalimapo. Ce sont les Kali’na. Etablis sur la rive du fleuve Maroni, les Kali’na sont réputés pour leur musique traditionnelle jouée au son du sanpula. Le tambour, réalisé à la main, est un des emblèmes de leur culture. Elvis TOKA, artisan, termine la confection d’un sanpula en vue de la grande fête annuelle.

Kristen SARGE, du service patrimoine de la Région Guyane, recense les différents sites qui témoignent de l’histoire de l’esclavage. Il nous emmène sur les vestiges de l’habitation Vidal, une des plus importantes du département. En juin 1848, lorsque l’abolition de l’esclavage est déclarée, la Guyane compte encore 12 500 esclaves qui constituent alors la majorité de la population guyanaise.

Dans le village de Loka, vivent les descendants des Bushinengés. Ces hommes se sont rebellés et ont fui les plantations. Aujourd’hui, François BAGADI, moniteur forestier pour le Parc amazonien de Guyane, participe à la valorisation de l’héritage culturel de ces villageois : les Alukus. Leur art, nommé tembé, trouve ses origines au XVIIe siècle, et se décline dans la peinture, la sculpture, l’architecture…

Quelques années plus tard, ce sont les bagnards qui construisent la Guyane… A une quinzaine de kilomètres au large des côtes, sur les Îles du Salut, Diego BALATA et les membres de l’association Chantiers Histoire & Architecture Médiévales restaurent les bâtiments du bagne. La Guyane, devenue colonie pénitentiaire, est étudiée, pour ne pas oublier. A Saint-Laurent-du-Maroni, Sophie BAILLON, architecte pour la Région, inventorie les aménagements de la ville. Arnauld HEURET, lui, s’est pris de passion pour les anciennes cartes postales de la commune. Des clichés pris au début du XXe siècle par deux bagnards…

Terminus de notre voyage au cœur des peuples de la Guyane : Cayenne. A la fermeture des bagnes, en 1947, de nombreux forçats s’y installent. La ville, cosmopolite, préserve aujourd’hui ses nombreux édifices et son architecture traditionnelle. Cayenne concentre plus de la moitié des sites classés Monuments Historiques de Guyane.

Réalisé par : Daniel Rihl Productions : Eclectic Prod, avec la participation de France Télévisions Durée : 26′ Année : 2016

22.40 : BOIS D’EBENE (-10)

BOIS D'EBENE

Du XVe au XIXe siècle, un gigantesque trafic humain se met en place entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique. Douze millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont arrachés à leur terre d’Afrique et transportés de l’autre côté de l’Atlantique pour être vendus comme esclaves aux planteurs du Nouveau Monde. La traite et l’esclavage seront définitivement abolis par la France le 27 avril 1848. Récits d’esclaves, carnets de bord de capitaines et lettres d’armateurs forment la trame vibrante d’une histoire de l’esclavage et donnent vie aux destins de Yanka et Toriki, nés libres dans un village du golfe de Guinée.

En 1825, la traite des Noirs, interdite par la France depuis sept ans, est désormais clandestine. En Afrique, deux jeunes gens, Yanka et Toriki, se font capturer dans leur village du golfe de Guinée. Comme 12 millions d’Africains en près de quatre siècles, ils vont être vendus comme esclaves de l’autre côté de l’Atlantique. Un bateau négrier venu de Nantes les emporte aux Antilles françaises, où l’emploi d’esclaves est toujours légal. Victimes ou acteurs de ce gigantesque trafic, ce sont leurs mots qui tissent ce film : la mémoire vive d’un gigantesque trafic qui a dévasté bien des vies réelles avant d’être reconnu comme crime contre l’humanité. Sous l’œil acéré d’un cinéaste africain.  

Docu-Fiction Réalisateur Moussa Touré Production Les Films d’Ici Produit par Sébastien Onomo et Serge Lalou Commentaires Lucien Jean-Baptiste Avec la participation de France Télévisions, TV5 Monde et Planète + 2017

00:10 : CITOYENS BOIS D’EBENE

©BCI Communication_CitoyensBoisEbene_Emmenuel et serge salut_0_0

Le Dr Emmanuel Gordien est un militant de la mémoire. Avec son association, le CM98, il restitue aux Antillais l’histoire et les noms oubliés de leurs aïeux esclaves dont il réhabilite le souvenir. Une démarche étroitement liée à sa quête personnelle. Il a retrouvé Georges, l’esclave qui, le premier, après l’abolition, a porté son nom de famille : Gordien. Avec lui, nous partons sur les traces de son aïeul, en Ile-De-France, en Guadeloupe et au Bénin.

Une aventure humaine porteuse d’immenses espoirs : ceux d’une mémoire apaisée et d’une réconciliation des descendants d’esclaves avec l’Afrique, la France et leur propre passé.

Ecrit et réalisé par Franck Salin Proposé par Frédéric Tyrode-Saint-Louis, Producteur associé Une coproduction Beau Comme une Image / Beau Comme les Antilles 52′

01:00 : CARGO

CARGO

Cargo est une fable sur la nécessité d’établir des récits, des croyances et des rituels pour construire une société dans le but d’exister. Ce spectacle vivant, atypique par sa distribution artistique, est exclusivement composé de jeunes étudiants-comédiens, originaires des Outre-mer, en prépa à l’École supérieure professionnelle de théâtre du Limousin. Cargo est aussi une création originale par la narration et la mise en scène soignée de Paul Francesconi et par la réalisation de Jan Vasak.

Sur une piste de terre battue, qui semble attendre des avions, Éli perd ses yeux à scruter le ciel. Comme toute son île, elle espère un « grand bateau volant », le Cargo. On raconte qu’à son bord se tiennent les ancêtres du pays des morts. Dans un futur encore inconnu, ceux-ci ramèneront, grâce au Cargo, des vivres, de la boisson, de la joie, des secrets et, surtout, des armes à feu qui les libéreront des étrangers qui envahissent leur territoire. On le raconte : mais est-ce qu’on le croit encore ? Sur l’île, la foi en l’arrivée du Cargo s’étiole. Éli s’occupe de la piste, au milieu des disputes et des doutes. C’est alors qu’atterrit un énorme vaisseau, conduit par un étrange couple dont personne ne comprend la langue. Sont-ils les ancêtres pilotant le Cargo ? Apportent-ils la libération que cette île attendait ?

Pièce de théâtre / spectacle vivant Production Enfants sauvages Réalisation Jan Vask et Dominique Delapierre Texte et mise en scène Paul Francesconi Distribution Etudiants-comédiens de l’Académie de l’Union : Chara Afouhouye, Maheaalani, Laurence Bolé, Haitouni Hamada, El Badawi Charif, Olenka Ilunga, Shekina Mangatelle-Carey, Anthony Leochnig, Thomas Léonce et Ornella Hoko. 77 min 2019

02.15 : DEDE ST PRIX A LA MÉMOIRE DES ANCÊTRES

DEDE SAINT PRIX, A LA MÉMOIRE DES ANCÊTRES

Invité d’honneur de la « Fête de la fraternité, Limyè ba yo » en 2019, en hommage aux victimes de l’esclavage, l’artiste martiniquais Dédé Saint-Prix a galvanisé la foule présente sur le parvis de la basilique de Saint-Denis de La Réunion, avec son répertoire musical traditionnel, le « chouval bwa ». Un concert événementiel organisé par le CM98 et la coordination des associations originaires d’Outre-mer pour le respect, la réconciliation et la fraternité entre les peuples.

Cette musique d’époque accompagnait les manèges de chevaux de bois traditionnels actionnés à force d’hommes. Dédé Saint-Prix revisite ces rythmes traditionnels avec des sons actuels tels que le hip-hop, charanga, ragga, zouk et kompa. L’un de ses titres résonne particulièrement avec le thème de cet événement mémoriel, «Antiyèz-la », chanson qui célèbre le courage des femmes antillaises, quelles que soient leurs couleurs de peau. Une dé­nonciation du préjugé de couleur qui, dans les anciennes sociétés esclavagistes, classait les individus en fonction de leur apparence physique.

Spectacle mémoriel et culturel Réalisation : Arnaud Legoff  Production BCI Année 2019

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