De tous les personnages de la mythologie des peuples du désert, Harakoy est celle qui fascine le plus par sa beauté et sa modernité. Mi-femme mi-déesse, issue de l’union d’un esprit et d’un berger peul, la belle métisse était une amante passionnée qui eut, dit la légende, de nombreux amants de toutes races. Elle donna naissance à six enfants dont sont issus les différentes ethnies de la vallée du Niger. Pourtant elle n’aimait pas vraiment ; elle désirait pour une nuit, après laquelle elle abandonnait ses amants à un souvenir dont ils ne se débarrassaient jamais et qui les poursuivait jusque dans la tombe.
Trop libre, trop dominatrice, la vénus africaine a aujourd’hui disparu jusque dans sa légende, emportée par cette déferlante qui détruit les icônes païennes. Pourtant elle réapparaît chaque jour sur le visage de ces femmes fières qui relèvent le défi des oppressions sexistes et machistes, de ces femmes modernes et libérées qui travaillent, élèvent leurs enfants et se battent contre toutes formes de discrimination.
Gloire à toi Harakoy de redonner la dignité à toutes les femmes bafouées de la terre et de rappeler au sexe dit fort que sans elles nous n’existerions pas.
Aujourd’hui, avec tout les conflits à travers le monde, puissions nous penser à Harakoy et nous dire que nous sommes tous de la même mère et qu’il est temps de cultiver la paix, car la guerre n’est jamais la solution.