La Commission des Réparations identifie la santé publique comme un des 6 domaines clés

-La santé publique a été l’un des principaux problèmes identifiés par la Commission de la Caricom* pour les Réparations.
Cette déclaration a été faite par le Président de la Commission pour les Réparations au sein de la Caricom, le Professeur Sir Hilary Beckles, lors d’une conférence de presse à l’Université des West-Indies de Mona, à Kingston en Jamaïque.

«La population d’origine africaine dans la Caraïbe est aujourd’hui la plus touchée par les maladies chroniques telles que l’hypertension et le diabète de type 2 ».
Le Professeur Beckles a dit que c’était le résultat direct de leur exposition nutritionnelle, de la brutalité physique et émotionnelle inhumaine endémique, le stress de l’esclavage et du développement séparé post esclavagiste.
-L’éducation est le deuxième des six problèmes identifiés.
Le Président de la Commission a déclaré qu’à la fin de la période coloniale, les Britanniques ont laissé la population d’origine africaine dans un état d’analphabétisme général.
Il a noté que cet analphabétisme continue de sévir dans la Caraïbe et a compté pour beaucoup dans lles problèmes de développement.
S’adressant aux institutions culturelles, le Professeur Beckles a ajouté qu’il n’y avait pas de développement d’institutions telles que les musées et les centres de recherche pour préparer les citoyens des Caraïbes à la compréhension de leur histoire.
Il a en outre déclaré que la culture africaine a été criminalisée et a souligné que les peuples des Caraïbes sont touchés par la privation culturelle.
Il a souligné que sur le plan culturel et idéologique, l’un des effets majeurs de l’esclavage, aura été cette attitude des européens à tout mettre en œuvre pour détruire voire éliminer l’apport africain dans notre culture.
-Le resultat est que nombre de caribéens , ont aujourd’hui une faible estime de leur origine , un auto dénigrement de l’identité négro africaine et la diminution des valeurs de la famille ; la délégitimation des pratiques religieuses et culturelles d’Afrique, et la déconnexion des racines et des cultures ancestrales.
-Le traumatisme psychologique est un autre domaine identifié par la Commission.
Selon le professeur Beckles, pendant la durée de l’esclavage, les Africains ont été classés par les lois européennes comme non-humains, c’est à dire comme des biens et des meubles.
Ils ont été ainsi privés de la reconnaissance en tant que membres de la famille humaine par des lois et des pratiques issues des parlements de l’Europe.
Cette histoire, dit-il, a causé de graves dommages psychologiques sur les descendants d’Africains et on le constate tous les jours dans la vie sociale.
-La sixième question sur laquelle la Commission a dit qu’il est nécessaire de remédier, c’est celle du retard scientifique et technologique.
Un appel a été lancé à l’attention des anciennes nations européennes, ex propriétaires d’esclaves – particulièrement la Grande-Bretagne, la France, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Danemark.
Turkeyen, Greater Georgetown, Guyana.
Mercredi 29 janvier 2014. CCN/CRC.

L’article de Caraib Creole News :
http://www.caraibcreolenews.com/news,guyana,1,4399,29-01-2014-caricom-la-commission-des-ry-parations-identifie-la-santy-publique-comme-un-des-six-domaines-cly-s-.html

*La Communauté caribéenne, en abrégé CARICOM (Caribbean Community, et en espagnol Comunidad del Caribe), regroupe plusieurs États anglophones de la Caraïbe, en plus du Suriname néerlandophone, et de Haïti, à la fois, francophone et créolophone. Sa langue officielle demeure l’anglais, bien qu’Haïti représente à lui seul la moitié de la population de l’organisation.
http://fr.wikipedia.org/wiki/CARICOM

cottiasLa France n’est toutefois pas en reste sur ces sujets.
En effet, madame Myriam Cottias, du CNRS, a récemment reçu le prix « Etoiles de l’Europe ».
A l’occasion du lancement du programme Horizon 2020, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso a remis le prix des Étoiles de l’Europe à Myriam Cottias, membre du Centre de recherche sur les pouvoirs locaux dans la caraibe (UMR8053, CNRS / Université des Antilles et de la Guyane) et coordinatrice du projet EURESCL.
Coordonné par le CIRESC (Centre International de Recherches sur les ESClavages), le projet EURESCL est conduit par une équipe multidisciplinaire composées d’historiens, d’anthropologues, de sociologues, de géographes, de juristes, de pédagogues et d’enseignants, situés sur trois continents (Europe, Afrique, Amériques).

L’article sur le site du CNRS :
http://www.cnrs.fr/inshs/recherche/prix-etoiles-europe2013.htm