Ambiance feutrée. Lumière tamisée. Deux fauteuils trônent au milieu d’une salle vide. Autour de nous, trois écrans se disputent l’enchaînement d’images insolites. On vient tout juste de pénétrer dans la première salle du Musée Dapper. On est tout de suite dans l’ambiance. Entre la voix profonde de Nina Simone et les refrains envoûtants de Myriam Makeba, Aurélie Leveau veut nous montrer les différents visages de cette « Afrique plurielle ». Sa création filmée rassemble des documents anciens, des extraits de films et des photographies originales. Nos yeux passent d’un écran à l’autre en se demandant à chaque instant où va apparaître la prochaine image.
Trois écrans, trois thèmes. « Libérer les cheveux, marquer la peau, danser la mort ». C’est le triptyque que nous propose Aurélie Leveau. Un court regard sur les croyances et rituels, les coiffures, les scarifications et les tatouages, les cérémonies de deuils, de la tradition à la modernité…
« Le Serpent », de Guem, nous accompagne dans l’antre du Musée.

« Chefs d’œuvre d’Afrique » réunit pour la première fois de nombreuses œuvres incontournables des arts africains. Remarquables par leur esthétique, elles témoignent des grandes cultures de l’Afrique et sont empreintes de signification sociale. Hommage aux cultes des ancêtres, cérémonies d’initiation, de guérison, rite de fécondité… Les fonctions de s œuvres présentées sont nombreuses. Les matières, les couleurs, les formes, les origines, les techniques, les spiritualités… Tout est surprenant, déroutant !
Les objets présentés sont faits en bois, fibres végétales, pigments naturels, cuivre, laiton, perles, pierres, dents, cheveux, poils, plumes, coquillages, métal, miroir, peau, raphia, tissus, terre, or.

Les cérémonies du bwiti, par exemple, largement répandues au Gabon, sont organisées en période de deuil ou pour se soigner. Les initiés disposent de certains accessoires en bois sculpté que nous pouvons retrouver dans la collection du Musée. Chez les Senufo de Côte d’Ivoire, le masque wanyugo (objet inspirée de la tête d’un phacochère) matérialise les puissances naturelles invisibles. C’est cette superbe pièce que nous pouvons observer de face et de profil as le diaporama ci-dessus. Certains masques, tels le bwoom royal chez les Kuba du Congo, permettent à celui qui le porte de faire revivre le mythe de la création.Autant d’origines, autant de représentations du cycle de la vie.

Tsogho, Kongo, Punu, Lumbu, Kota, Ndassa, Vuvi, Shamaya, Fang, Bamana, Senufo, We, Kran, Fon, Ndassa, Obamba, Kpta, Mahongwe, Kuba, Bangwa, Troh, Dogon, Soninke, Wan, Yohure, Dan, Guro, Asante… Tous possèdent leurs propres mythes et légendes, leurs propres rites et cérémonies, leurs propres danses et masques, leurs propres codes…

L’Afrique plurielle est ici et maintenant, devant nous !

Chefs-d’œuvre d’Afrique – Dans les collections du Musée Dapper, Paris
Jusqu’au 17 juillet 2016
http://www.dapper.fr/

Aline Mandrilly