« Bordeaux, ville africaine par son histoire, son quotidien et ses actions », Alain Juppé.
En 2010, la ville célébre l’Afrique dans le cadre du cinquantenaire des indépendances africaines.
Pour Alain Juppé, « l’Afrique représente un partenaire économique et culturel incontournable avec lequel l’Europe construit un développement durable, mutuel et équitable« .
Hier par son histoire, aujourd’hui par ses liens de coopération décentralisée avec plusieurs pays africains ou avec ses villes jumelles Ouagadougou et Bamako, Bordeaux est liée de multiples façons à l’Afrique.

Pourquoi Bordeaux s’implique-t-elle autant dans les festivités du cinquantenaire des indépendances africaines ?
Alain Juppé : On célèbre naturellement ce dont on est proche : Bordeaux est une ville africaine à de nombreux égards. Elle l’est par son histoire, elle l’est plus concrètement aujourd’hui par son quotidien et ses actions.
La Ville mène une politique qui associe et mobilise la communauté africaine de Bordeaux : c’est bien sûr notre conseil de la diversité, et son effort en faveur des initiatives portées par notre monde associatif, mais aussi son action de vigilance et de réflexion.
Ce sont aussi les politiques de la Ville en faveur des anciens combattants d’Afrique des deux guerres mondiales, ou les coopérations décentralisées avec Bamako et Ouagadougou.
C’est enfin l’appui aux initiatives des opérateurs économiques bordelais issus de la diversité.
Par ailleurs, la Ville a réalisé un ambitieux travail de mémoire qui s’est concrétisé en 2009 par une exposition permanente au Musée d’Aquitaine sur son rôle dans la traite des esclaves.
Pour toutes ces raisons, Bordeaux est, comme l’a souligné Jacques Toubon qui préside la mission chargée de cette célébration, « la deuxième capitale » du cinquantenaire en France.
Bordeaux sera une ville-phare de l’année de l’Afrique en regardant son passé, en fêtant notre présent, mais aussi, je tiens à le souligner, en pensant au futur.
Car l’Afrique représente un partenaire économique et culturel incontournable avec lequel l’Europe doit construire aujourd’hui un développement durable, mutuel et équitable.
Précisément, vous organisez la conférence internationale des jeunes générations africaines : quel message souhaitez vous leur adresser ?
Un message de confiance dans l’avenir.
Et une invitation à se défaire de certaines idées reçues.
La crise mondiale, qui ne doit pas nous faire oublier qu’en 2008, l’Afrique subsaharienne connaissait une croissance annuelle de 4,9 % – tous les pays européens ne peuvent pas en dire autant.
Je voudrais aussi rappeler que l’Afrique est en train d’inventer sa propre façon d’entrer dans le monde globalisé et qu’elle le fait parfois avec un dynamisme inattendu.
Un exemple saisissant est l’accès aux réseaux et technologies de l’information et de la communication, clé du développement.
Il y a dix ans, deux millions d’Africains seulement disposaient d’un téléphone portable et fin 2009, ce sont 400 millions d’Africains qui possèdent cet outil, davantage qu’en Amérique du Nord.
Tout va très vite.
C’est donc bien cette réalité, où les contrastes sont encore très grands mais où le futur est ouvert, vers laquelle je veux attirer le regard des jeunes générations africaines. »
Extrait de « Bordeaux Magazine » – Avril 2010

A lire aussi dans le même numéro : « Le théâtre Guignol, c’est une affaire de famille ! » déclare le patron du théâtre Guignol du Parc Bordelais.

Télécharger le magazine :
http://www.bordeaux.fr/ebx/portals/

Le Programme des Cérémonies sur le site de la ville :

http://www.bordeaux.fr/ebx/portals/ebx.portal?_nfpb=true&_pageLabel=pgFicheEvt&classofcontent=evenement&id=51264

ECONOMIE
« Africa France Business Meetings 2010« , le « Davos » Afrique-France à Bordeaux les 2 et 3 juin prochains :
http://www.africa-france-business.com/2010/index.php